Inondations, un an après: "Soudain, un arbre transperce la vitrine de mon salon de coiffure", témoigne Chantal Syben, de Pepinster

Dans la famille de Chantal, quatre habitations ont été anéanties.

Sébastien Ponciau

Jeudi 7 juillet 2022, la boucle est bouclée. Un an après le carnage, Chantal Syben rouvre enfin son salon de coiffure. Celui-ci avait été transpercé par un arbre, laissant ainsi la Vesdre débordante tout saccager.

Inondations, un an après: "Soudain, un arbre transperce la vitrine de mon salon de coiffure", témoigne Chantal Syben, de Pepinster
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Le traumatisme ne l'a pas poussée à poser son commerce ailleurs. " L'eau ne me fait pas peur. Cela fait 24 ans que je suis rue de la Régence à Pepinster, sur un quai de la rivière. Je finirai ma carrière ici. "

Pourtant, la calamité a frappé toute la famille : " Ma maison, celle de mon fils, mon salon au-dessus duquel papa habitait, une maison que nous louons… tout a été anéanti. "

La reconstruction collective s'étalera sur un an : " Mon mari est électricien, mon fils est dans la construction, mon papa très manuel… Nous avons tout refait nous-mêmes. Cela fait un an que nous ne faisons plus que ça. Des périodes difficiles face à la lourdeur de la tâche, il y en a eu. "

Aujourd'hui, presque tout est terminé : " Sauf l'étage du salon où mon père vivait. Il n'y a plus de cuisine ni de salle à manger. Tous ses souvenirs, y compris ceux de ma mère décédée, ont été emportés. Il ne peut toujours pas y vivre. " C'est le patriarche octogénaire qui a ainsi décidé de passer en dernier : " D'abord les jeunes ! "

Le 14 juillet 2021, il pleuvait abondamment dès six heures du matin. " Pas de panique. Nous avions déjà subi des inondations en 1998, le salon est situé au confluent entre la Vesdre et la Hogne. Je ne m'attendais pas à un tel carnage "

À 11 heures, l'eau coulait déjà de façon importante dans les rues : " L'échevin des Travaux avait été rassuré par les Eaux et Voies navigables. Il fallait s'attendre à du lourd plus haut. Mais Pepinster serait épargnée."

Deux heures plus tard, c'était pourtant l'apocalypse : " Je suis montée à l'étage rejoindre papa. J'ai tout vu du balcon. On regardait passer les troncs d'arbres et les voitures juste en dessous de nous. "

Inondations, un an après: "Soudain, un arbre transperce la vitrine de mon salon de coiffure", témoigne Chantal Syben, de Pepinster
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À 14 heures, tous deux se sont rendus à l'évidence. Quitter les lieux, il le fallait. " Direction Cornesse, un village sur les hauteurs de la commune. De nombreuses personnes ont eu le même réflexe. "

De retour au salon alors que le calme est revenu, Chantal n'a pu que constater l'ampleur de la catastrophe. La rue n'était plus qu'une juxtaposition de pierres et de morceaux de béton. L'arbre trônait toujours dans le salon : " Nous avons pu nous appuyer sur un énorme élan de solidarité pour tout déblayer ", se souvient Chantal.

Inondations, un an après: "Soudain, un arbre transperce la vitrine de mon salon de coiffure", témoigne Chantal Syben, de Pepinster
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Tout n'a toutefois pas été que glorieux : " Il y a eu des pillages alors que les maisons étaient laissées à l'abandon. Et du tourisme glauque aussi. Je suis tombée sur des gens qui étaient chez moi pour visiter les dégâts. "

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