Passer le permis, une épreuve économique pour les jeunes : "Ils privilégient majoritairement leurs propres économies"
Une part importante de jeunes Belges s'endetterait pour financer leur formation complète au permis de conduire.

- Publié le 19-01-2026 à 15h01

Le permis B, en Belgique, est quasiment devenu un incontournable pour trouver un emploi. Mais depuis quelques années, les prix d'une bonne formation se sont envolés. De quelques centaines d'euros à débourser pour une formation complète (théorie + pratique) il y a encore quelques années, on est passé à plus de 1.000 euros dans la plupart des auto-écoles. Souvent bien plus d'ailleurs.
Résultat : les jeunes candidats au permis parviennent de plus en plus difficilement à payer leur formation. Il faut dire que la très grande majorité des candidats au permis sont encore aux études.
Selon une étude menée par Crelan, près d'un candidat sur sept âgé de moins de 34 ans serait contraint de passer par un emprunt bancaire pour financer ses cours de conduite. Contre seulement 3 % pour les 34-55 ans. "Il faut savoir que le coût moyen pour 20 heures d'auto-école est de 2.000 €."
Leurs économies y passent
Forcément, si les moins de 34 sont les plus enclins à financer leurs cours d'auto-école via un emprunt, ils éprouvent aussi de grandes difficultés à faire l'acquisition de leur première voiture. "Le prix demeure, de loin, le principal obstacle à l'achat, un frein cité par près de la moitié des Belges, commente Crelan. Et si le crédit bancaire constitue une solution pour plus d'un quart des ménages, c'est surtout le leasing qui gagne du terrain, en particulier auprès des jeunes générations."
Selon Crelan, le budget moyen disponible pour l'achat d'une voiture tourne autour de 20.000 euros, un montant insuffisant pour accéder à la majorité des modèles électriques ou hybrides, dont les prix frôlent souvent le double. À cela s'ajoutent des coûts annexes, comme l'installation d'une borne de recharge à domicile, difficilement accessibles pour de nombreux ménages.
Aujourd'hui, 7 Belges sur 10 financeraient leur voiture avec leurs propres économies. "Ces chiffres confirment la prudence structurelle des ménages belges en matière de financement automobile, analyse Caroline Beauvois, porte-parole de Crelan. Ils privilégient majoritairement leurs propres économies ou des solutions de crédit bien encadrées."