La Dernière Humeur: quand une série politique devient un acte politique
Une humeur signée Charles Van Dievort.

- Publié le 11-06-2022 à 18h30

Quel plaisir de retrouver une nouvelle saison de Borgen, la série danoise qui s'était arrêtée en 2013. Probablement une des meilleures du monde. Cette quatrième fournée plonge à nouveau le téléspectateur au cœur du pouvoir, de la démocratie danoise et des intrigues qui l'agitent, toujours en compagnie de Birgitte Nyborg, Première ministre danoise aux idéaux affirmés.
Si son personnage est désormais en charge des Affaires étrangères, tous les ingrédients qui ont fait le succès de Borgen restent présents. Les intrigues, bien sûr. Les ambitions aussi, les tensions au sein des familles, politiques comme privées, la solitude de l'exercice du pouvoir, etc. Ajoutons-y la volonté de garder ce dernier à tout prix, quitte à cabosser ses convictions, et la vista très pertinente des auteurs. Cette quatrième saison est ancrée dans l'actualité avec une forte odeur de pétrole (découvert au Groenland) qui titille les narines de la Russie, de la Chine et des États-Unis.
Le plus notable est cependant ailleurs. Cette saison 4 est plus féministe que jamais et c'est à souligner. Jamais, à ce jour, un programme populaire comme l'est Borgen n'avait abordé le quotidien des femmes à l'approche de la cinquantaine avec autant de réalisme. Il est question de ménopause, vous l'aurez compris. La série ne cache pas sous le tapis les bouffées de chaleur, sautes d'humeur et autres règles qui s'invitent quand on ne les attend pas ou plus. Pas plus que les rides et les traits tirés de Birgitte Nyborg, conséquences de l'âge et du stress. Ça n'a l'air de rien mais afficher ces réalités est en soi un acte politique. Chapeau aux showrunners et à Sidse Babett Knudsen, l'interprète de Birgitte Nyborg, qui participe de près à l'élaboration de son personnage.