Le Tueur du 20 juin était ChienneCarolo
Qui est le Tueur du 20 juin ? Voici notre enquête sur Steven Daubioul.
- Publié le 22-04-2014 à 21h29
- Mis à jour le 22-04-2014 à 21h43

Voici notre enquête sur le tueur en série Steven Daubioul, cet habitant de Lodelinsart en tout cas soupçonné des meurtres de Mmes Concetta Tarabella et Emilia Liétard, deux dames seules et d'un certain âge tuées en 2005 et 2013 chacune dans leur appartement rue Chausteur à Charleroi. Deux grands-mères, l'une étranglée le 20 juin 2005, l'autre poignardée le 20 juin 2013. Et peut-être une troisième victime puisque le parquet a fait exhumer une autre voisine décédée en 2010 et qui elle aussi vivait seule et avait plus de 50 ans.
Ceux qui croyaient connaître Daubioul seront sciés d'apprendre que cet homme de 27 ans décrit comme timide et poli, se prostituait chez les hommes.
Entre les meurtres , Daubioul a développé une clientèle d'hommes dragués sur des sites spécialisés. ChienneCarolo, c'était lui: c'était Daubioul, le Tueur du 20 juin.
Aucun client ne l'a jamais su.
Un client, SexGilly, se défend d'avoir eu des rapports intimes avec lui. SexGilly dit n'avoir jamais cherché à savoir qui était ChienneCarolo. Dialoguer sur Badoo suffisait à son bonheur. Steven l'entraînait dans la description de pratiques spéciales, surtout SM et uro.
Prostitué pour de l'argent, Steven Daubioul le devient en draguant des clients sur Gay.be et VivaStreet.be et Romeog Gay. Daubioul a 27 ans. Ses clients ont le double, et même plus.
N. a 55 ans : "Nous nous sommes rencontrés sur Gay.be. On avait nos règles. Je n'allais pas chez lui. Steven ne venait pas chez moi. On faisait ça dans des coins discrets et dans des voitures. En fait, on parlait peu. Moi c'était pour le sexe, lui pour le fric. Il lui en fallait."
Rencontré via VivaStreet, L. est encore plus âgé : 65 ans. "Je le payais 50 €. Entre nous ce n'était pas que du sexe. Je l'emmenais au foot au Sporting, ou au basket au Spiroudôme. On se voyait plutôt vers la fin du mois, quand il n'avait plus rien en poche."
A. est à peine plus jeune que le précédent : "On s'était rencontré dans le parc près du palais de justice de Charleroi. On s'est vu pendant des années. On utilisait le site Gay Romeo.be. Dans nos rapports, Steven était l'homme soumis. Il aimait porter des sous-vêtements de femme. Il se prenait en photo. Entre nous deux, c'était du sexe. Je le payais 50 €, parfois seulement 20. Il disait que c'était pour aider sa mère."
En fait, selon notre enquête, Daubioul claquait son fric dans les jeux vidéo. On se demandait où il trouvait l'argent pour se procurer les nouveautés : voilà la réponse. Car aucun des meurtres n'a été motivé par le vol. Les bijoux d'Emilia Liétard, par exemple, n'ont pas été volés.
Bien qu'ayant suivi plusieurs formations (notamment de boulangerie), Daubioul, peu actif dans la recherche d'emploi, recevait 400 € du chômage et en donnait 200 à sa mère qui l'hébergeait.
Nous en apprendrons encore plus demain.