Manger sainement... en mangeant des produits ultratransformés: une nouvelle campagne pub fait polémique
La nouvelle campagne d'Okay suscite l'étonnement d'un pédiatre.
- Publié le 13-09-2025 à 07h09

Jusqu'au 21 octobre, les clients des supermarchés Okay, enseigne du groupe Colruyt, peuvent collectionner des figurines de "Végétosaures" ainsi que des boîtes de conservation durables. L'opération, menée en partenariat avec Studio 100, vise à familiariser les enfants de manière ludique avec les fruits et légumes.
Mais la campagne soulève déjà des critiques, comme le révèle le magazine Gondola. En effet, pour obtenir les points nécessaires, les clients accumulent davantage de timbres lorsqu'ils achètent des produits transformés, tels que des soupes ou des biscuits. Une logique qui irrite certains professionnels de santé.
Sur LinkedIn, une pédiatre s'indigne: "Qui peut bien avoir imaginé un tel concept ?", dénonçant une contradiction flagrante entre l'objectif affiché, inciter les enfants à manger sainement, et la réalité de l'action.
"Nous comprenons que cela puisse susciter des questions", déclare la porte-parole Hanne Poppe à nos confrères de Gondola. "Une action comme celle-ci nécessite des budgets conséquents. Ce n'est que grâce à la coopération de tous nos fournisseurs qu'une telle action peut être rendue possible pour un large public. C'est une histoire où nous devons constamment faire des arbitrages, et où nous devons aussi apprendre nous-mêmes, étape par étape. Nous continuons à croire fermement au potentiel de ce type d'actions : nous sommes convaincus que, en faisant découvrir les légumes et les fruits aux enfants à travers le Bananaraptor, le Broccolisaurus, Ginger et leurs amis, nous pouvons franchir une étape supplémentaire, de manière accessible, vers un régime alimentaire plus équilibré pour nos clients. Les premières réactions des clients que nous avons déjà reçues ont jusqu'à présent été très positives, et cela nous fait très plaisir."
C'est une explication que le pédiatre n'apprécie pas vraiment. "Le fait que les budgets proviennent des producteurs d'aliments malsains prouve qu'au bout du compte, ce sont eux qui en tirent le plus de bénéfices et qu'il y a donc davantage d'aliments malsains achetés/vendus. Cela contribue peut-être aussi à leur propre marketing, leur permettant de prétendre qu'ils font réellement des efforts pour une alimentation saine (ce qui n'est pas le cas). Tout le monde y gagne, sauf les enfants."
