Sorties cinéma cette semaine : une glaçante affaire de viol et l'amitié entre une jeune fille et un jaguar
Au programme : une dramatique aussi noire que poignante, et un film animalier destiné aux plus petits.

- Publié le 20-02-2024 à 13h39
- Mis à jour le 20-02-2024 à 14h11

Quitter la nuit : les développements glaçants d'une affaire de viol

Autant vous prévenir tout de suite : voilà une dramatique qui laisse des traces. Notre compatriote, Delphine Girard, décrit avec une froideur presque chirurgicale toutes les procédures et les zones d'ombre que vont exploiter les avocats dans une affaire de viol. Et cela fait très mal.
En pleine nuit, dans une voiture conduite par un Dary (Guillaume Duhesme), Aly (Selma Alaoui) annonce au conducteur, très nerveux, qu'elle doit téléphoner à sa sœur pour rassurer sa fille. Dans la réalité, c'est le numéro des urgences qu'elle a composé. À travers une conversation d'apparence banale, la policière, Anna (Veerle Baetens) comprend qu'elle a été agressée sexuellement et qu'elle craint pour sa vie. Le dispositif se met en place. Aly est arrêté.
Commence alors l'enquête. Angoissante. Interminable. Chaque vérification prend des semaines. Et les témoignages se contredisent. Aly et Dary dévoilent chacun leur version des faits, contradictoires, ainsi que les conclusions qu'ils ont tirées de quelques mots ou attitudes, avec les doutes qui les accompagnent désormais.
On n'est pas dans un film américain : rien n'est tout noir ou tout blanc, ni machiavélique. Pour les trois protagonistes, le cauchemar se prolonge impitoyablement, en raison du traumatisme vécu, du poids du mensonge ou celui de l'empathie teintée de souvenirs douloureux.
La mise en scène, très lente, renforce le malaise en décrivant les chemins de traverse psychologiques empruntés pour tenter de se protéger. Impossible de rester de marbre devant les tourments décrits avec tant de nuances.
Aussi noir que poignant, Quitter la nuit s'adresse avant tout à un public prêt à prendre une grande claque, à vivre intensément les tourments vécus par la victime tout en plongeant dans les côtés les plus sombres de l'âme humaine. Très loin, donc, des divertissements de nature à faire oublier les petits tracas de la semaine.
Le dernier jaguar : une jolie petite fable pour enfants

Le réalisateur Gilles de Maistre a de la suite dans les idées. Avec Le dernier jaguar, il s'inscrit totalement dans les pas de Mia et le lion blanc. Voire emprunte souvent exactement le même sentier.
Dans la jungle amazonienne, Autumn recueille un bébé jaguar, Hope, dont elle devient très vite inséparable. Jusqu'au jour où les contraintes familiales l'obligent à retourner vivre à New York. Les années passent, et les bêtes sauvages disparaissent de plus en plus dans leur milieu naturel. Avertie qu'il ne reste plus qu'un tout dernier jaguar, elle convainc (difficilement) son père de retourner sauver Hope des fusils des braconniers.
Selon les points de vue, cette fable écolo tournée dans des décors magnifiques peut être qualifiée de naïve ou de gentillette. Elle est avant tout destinée à montrer aux enfants l'importance de préserver la nature à l'état sauvage, sans vouloir la dominer à tout prix. Les parents et les enfants devraient craquer pour la beauté souriante des scènes et l'amitié avec ce splendide animal. Les autres ressentiront probablement un fort goût de déjà-vu avec ce scénario à la saveur de guimauve.