François Damiens double Gargamel et Razamel: "Si on montre un Schtroumpf raciste, débile, un jeune enfant n'aura pas envie de lui ressembler"
Le doublage des sorciers des "Schtroumpfs, le film" lui a rappelé des souvenirs d'enfance : "J'avais déjà un petit côté Razamel (rire)"

- Publié le 14-07-2025 à 14h26
- Mis à jour le 14-07-2025 à 15h03

Après Rihanna lors de son escapade bruxelloise, c'est au tour de François Damiens de voir la vie en bleu. Mais très fortement teinté de noir. C'est en effet à lui que les producteurs des Schtroumpfs, le film ont pensé pour doubler le sinistre sorcier Gargamel, mais aussi son frère encore plus maléfique, Razamel. "Il a la voix parfaite, à la fois drôle et méchant, ce frère est tout en contrastes", explique Véronique Culliford pour justifier cette double sélection.
Une appréciation qui fait sourire le natif d'Uccle. "Le premier jour, j'ai cherché la voix de Razamel et de Gargamel, explique-t-il. Je les ai un peu montées dans les aigus, puis intensifiées et enfin j'ai pu mêler la gestuelle à la parole. Heureusement, la personne qui me dirigeait savait exactement ce qu'elle voulait. C'était cool."
Des souvenirs d'enfance
Dans son ton brille toute la magie de l'enfance. "Un rôle dans un film des Schtroumpfs, ça ne se refuse pas. J'aime le côté enfantin. Les Schtroumpfs me rappellent beaucoup de souvenirs. Quand j'étais jeune, mon frère avait la collection de toutes les figurines, avec la maison en champignon. De temps en temps, je lui en piquais pour les cacher et ensuite lui demander qu'il me rende un service s'il voulait les récupérer. J'avais déjà un petit côté Razamel (rire)."
Même si le sorcier met à mal l'univers des lutins bleus, François Damiens ne peut cacher sa tendresse à son égard. "Derrière un méchant, il y a toujours un gentil qui se cache. Et j'essaie de savoir pourquoi. Comme par hasard, Razamel est petit et frustré. Pour occuper l'espace il doit se faire remarquer en étant méchant. Mais si un peu on creuse un peu, on découvre de la mollesse et de la bonté. Avec son nez pointu et sa moustache, physiquement, moi, il me fait rire."
Fan de l'univers de Peyo, "très symbolique de la vie en société", il avoue se retrouver dans plusieurs des personnages présentés à l'écran. "Le Schtroumpf Sans-Nom représente bien ceux qu'on croise et dont on ne parvient pas à se rappeler le nom. De mon côté, je pourrais être le Schtroumpf grincheux, le Grand Schtroumpf parce que je veux tout décider pour tout le monde, le Schtroumpf gourmand face à des croquettes aux crevettes -les bonnes, les autres font juste grossir. On a tous un petit Schtroumpf en soi. Moi, j'en ai beaucoup, de par mon métier."
Les Schtroumpfs qu'il aimerait créer, pour ouvrir l'esprit des enfants
Une galerie à élargir à l'avenir, si l'occasion lui en était à nouveau présentée. "Un Schtroumpf cycliste, cela aurait pu me convenir. Comme tous les Belges, j'aime bien faire du vélo. Faire une balade avec des amis, ça me plaît, mais je ne vais pas regarder le Tour de France en direct. J'aime bien le paddle aussi. Mais si dans un prochain film on me demandait mon avis, je créerais un Schtroumpf homophobe, un Schtroumpf raciste, un Schtroumpf pervers, narcissique, un Schtroumpf pour peut-être éduquer les gens aux énergumènes qui nous entourent. Je suis toujours interloqué par les personnes qui font preuve de tellement peu d'ouverture d'esprit. Je me dis que si, à 50 ans, elles pensent toujours comme ça, quelque chose a été raté dans leur éducation. Si on montre un Schtroumpf raciste, complètement débile, un jeune enfant de 6-7 ans n'aura probablement pas du tout envie de lui ressembler. Le dessin animé peut être une façon d'introduire ce genre d'idées auprès des jeunes."
Pas le temps d'ouvrir la bouche qu'il enchaîne sur ce thème manifestement très important pour lui. "Je ne cherche pas à mettre le doigt là où ça fait mal, mais plutôt là où ça va faire du bien. Un Schtroumpf LGBT, par exemple, pourrait amener l'enfant peut poser des questions à ses parents et puis comprendre pour qu'on arrête enfin de regarder les gens non binaires différemment. C'est toujours bien qu'il y ait une morale pour faire progresser. Après avoir vu Star trek, il ne va rien se passer dans ta vie. C'est purement divertissant. En plus de l'amusement, il faut amener d'autres sujets de réflexion."
Avant de reprendre le tournage de Paname Flash 80 puis d'enchaîner, au mois d'octobre, avec celui de Faux Soir de Michael R. Roskam avec Bouli Lanners et Matthias Schoenaerts, il conclut sur un des thèmes du film : "Pour moi, la plus belle des qualités, c'est la gentillesse. Mais ça ne veut pas dire être brave. J'ai toujours eu du mal avec les personnes qui confondent gentillesse et faiblesse. Celles qui le pensent ne sont peut-être pas elles-mêmes très gentilles…"
Des caméras cachées supplémentaires
Dans son agenda bien chargé, François Damiens va devoir ajouter quelques tournages supplémentaires de caméras cachées. "On avait tout bouclé et celles qui sont finies sont déjà montées, mais je négocie actuellement avec plusieurs personnes et elles veulent que j'en tourne trois ou quatre de plus."
Avec déjà une date de sortie en tête ? "On va faire ça à l'américaine, en provoquant un effet de surprise. C'est encore en discussion et je préfère rester discret pour le moment." Vu l'attente, ce sera tout autant un événement que la sortie des Schtroumpfs, le film.