Faillite des cabinets dentaires du Brabant wallon: "On n'a pas voulu nous sauver"
Les employés et prestataires des centres dentaires du Brabant wallon dénoncent la gestion de l'ASBL.
- Publié le 16-01-2021 à 11h00
- Mis à jour le 16-01-2021 à 16h24

L'annonce de la faillite des sept cabinets dentaires du Brabant wallon la semaine dernière a surpris beaucoup de patients mais également certains prestataires et employés. Ces derniers déplorent la brutalité de l'annonce et s'étonnent de la mauvaise santé financière de l'ASBL Santé et Participation qui comptait plus de 6 000 patients, d'après les responsables. Elle employait 21 personnes et faisait appel aux services d'une vingtaine de prestataires indépendants.
C'est que pour certains dentistes, l'agenda était bien rempli et les clients défilaient les uns après les autres. Ils étaient donc loin d'imaginer que l'on allait fermer boutique. "Quand l'un des administrateurs de l'ASBL dit que les agendas étaient vides, qu'il y avait de l'absentéisme parmi le personnel, ça me fait bondir au plafond. Ce sont des mensonges, déplore un ancien prestataire qui travaillait dans l'un des cabinets dentaires depuis sept ans. Mon agenda était complet jusqu'au mois de mars ! Et mes collègues aussi. Cette faillite, c'est une mauvaise gestion. Les chiffres étaient là, mais les décisions se prenaient par l'assemblée générale mais sans concertation avec les dentistes." Et le dentiste d'ajouter qu'avec plusieurs prestataires, ils envisagent une action en justice s'ils ne touchaient pas leurs trois derniers mois de salaire.
Valérie Minne, responsable logistique et des bâtiments depuis 28 ans et déléguée syndicale au sein des centres dentaires du Brabant wallon, savait que la santé financière de l'ASBL n'était guère réjouissante. Mais elle ne s'attendait tout de même pas à un aveu de faillite. "Il y a eu des investissements ces derniers temps, notamment la création d'un nouveau cabinet à Jodoigne au mois de juin dernier, l'engagement d'une jeune orthodontiste, s'étonne-t-elle. Lors de l'audience au tribunal de l'entreprise, l'avocat a dit que c'était la deuxième vague qui nous a enfoncés car il y avait de l'absentéisme. La vérité, c'est qu'on n'a pas voulu nous sauver. On a préféré abandonner le navire et nous laisser comme ça."
Tous deux aspirent à une reprise rapide des activités des centres dentaires qui, pour rappel, offraient des soins conventionnés et le principe de tiers payant. "On ne se rend pas compte, mais en Brabant wallon, on a besoin de soins conventionnés", conclut Valérie Minne.
"Une baisse d'activité d'un tiers pour une ASBL fragilisée, c'est énorme"
Jean-François Fortemps, administrateur de la désormais ex-ASBL Santé et Participation, dit comprendre la colère et la frustration des employés et prestataires. Mais déplore leur vision "tronquée" de la situation financière dans laquelle l'ASBL se trouvait. "Ils ne parlent qu'avec leur réalité et leur vision de leur centre. Mais l'ASBL, c'est sept centres. Peut-être que leur agenda était bien rempli mais pour d'autres, c'était du gruyère. En 2018, on a eu 32 000 consultations facturées ; en 2019, 35 000 ; et en 2020, 20 000. Une baisse d'activité d'un tiers pour une ASBL à l'équilibre fragile, c'est énorme. En 2020, on a perdu 1,2 million d'euros par rapport à 2019. Lorsque j'ai appelé les employés pour les prévenir de la faillite, la majorité m'a dit que ça ne les étonnait pas."