Départs en vacances: ça se bouscule déjà dans les centres de testing du Brabant wallon
Le centre EMS de Jodoigne croule sous les demandes. Ça commence à Lasne et à Céroux-Mousty, où l'on craint pour les prochaine semaines.
- Publié le 26-06-2021 à 06h30
- Mis à jour le 26-06-2021 à 09h21

Alors que le calme était revenu dans les centres de testing et les laboratoires privés avec le ralentissement de l'épidémie, les demandes de tests PCR reprennent de plus belle à l'approche des grandes vacances. C'est même l'embouteillage dans bon nombre d'entre eux, où il faut attendre plusieurs jours avant d'avoir un rendez-vous.
C'est le cas du centre médical EMS de Jodoigne, qui ne réalise que des tests pour les voyages, suite à une demande des médecins généralistes jodoignois. Ouvert trois après-midi par semaine pour ces tests, il est déjà complet jusqu'au 5 juillet. Et ce alors que le créneau de vendredi prochain a été allongé d'une demi-heure pour pouvoir accueillir plus de monde.
"Mercredi, on a réalisé 42 tests en trois heures, soit 5 minutes par patient, souligne Virginie Cornet, secrétaire au centre. C'est une cadence de dingue, les médecins n'ont pas le temps de faire une pause. On reçoit au minimum 50 appels par jour pour des tests." Et les demandes devraient encore affluer puisque le centre de dépistage de Jodoigne va fermer ses portes la semaine prochaine (lire ci-dessous).
Ce n'est pas encore le gros rush au centre de testing de Céroux-Mousty (Ottignies), mais les rendez-vous sont de plus en plus nombreux. Et l'on s'attend à ce que le rythme s'accélère encore dans les prochaines semaines. "On était à une moyenne d'une cinquantaine de tests mais jeudi on était à 107 et à 67 la veille, observe le Dr Éric Vincke, coordinateur du centre. Je ne serai pas étonné qu'on ait une augmentation nette. Je ne serais pas étonné qu'on retourne à 800/1 000 par jour."
Si le centre a la capacité de tester beaucoup de monde, le coordinateur craint de manquer de moyens humains. "On aura peut-être des difficultés de disponibilité de frotteurs. Les personnes qui travaillaient en centre Covid travaillent dans les centres de vaccination. Le testing aura besoin de renfort alors que la vaccination est en plein sprint final, ça tombe assez mal."
Entre exaspération et résignation
Exaspéré de voir que les médecins sont sollicités pour effectuer des tests "vacances", le coordinateur a décidé que le centre ne proposera pas de tests antigéniques et il n'en réalisera pas non plus dans son cabinet de Court-Saint-Étienne. "Il faut attendre le résultat durant 15 minutes, c'est trop lourd à gérer. Qu'on nous laisse recommencer à soigner nos patients. Je ne vais pas donner du temps aux gens qui partent en vacances."
À Lasne, l'agacement et la résignation sont également bien présents. "On ne sait tout simplement pas à quelle sauce on va être mangé, surtout qu'on est toujours confronté au manque d'anticipation, de considération ou encore la très mauvaise communication des autorités", soupire Gaël Thiry, le responsable du drive-in d'Ohain.
Un exemple pour illustrer la situation : "Pas mal de citoyens ont pris rendez-vous alors que le test avant de partir en vacances était payant. Désormais pour certains il sera gratuit dès le 28 juin. Bilan, alors que pas mal de médecins s'épuisent, frôlent le burn-out ou sont proches de la rupture, on va devoir se retrouver à annuler pas mal de rendez-vous, en mettre d'autres en place, etc. On s'épuise depuis un an et demi dans ces tâches administratives alors que plein de gens ont besoin de nous pour des missions vitales où l'on a une vraie valeur ajoutée…"