Inondations à Aiseau, un an après: "je m'en souviendrai toujours, je fais 1m87 et l'eau était plus haute moi"

A ce jour, 15 familles n'ont toujours pas retrouvé leur maison. Le point avec Jean-Pierre Deprez (MR), échevin des travaux et bourgmestre faisant fonction d'Aiseau-Presles, un an après les inondations de juillet 2021.

Inondations à Aiseau, un an après: "je m'en souviendrai toujours, je fais 1m87 et l'eau était plus haute moi"
©D.R.

"Je m'en souviendrai toujours : je fais 1m87 et l'eau était plus haute que moi dans la rue Lambot ! En deux heures à peine, c'est monté d'un coup, puis les pompiers sont arrivés avec des zodiacs pour évacuer les gens. Plus loin, on me parlait d'une vague de trois à cinq mètres qui avait dévalé des champs, et la Biesme était sortie de son lit et passait par-dessus les ponts. Elle charriait 35 fois son débit habituel, c'était spectaculaire. Et le lendemain, tout avait disparu, mais les rues étaient couvertes d'hydrocarbures, avec le soleil qui tapait dur l'odeur était insupportable, l'ambiance surréaliste." C'est avec ces mots que Jean-Pierre Deprez, échevin des travaux et bourgmestre faisant fonction lors des inondations du 15 juillet 2021, se souvient de la catastrophe qui a touché la petite commune de 11 000 habitants.

Un an après, il y a eu 348 dossiers de sinistres ouverts, donc au moins autant de bâtiments touchés. "On a eu peur de devoir en abattre certains, mais heureusement les études en stabilité ont montré que toutes allaient bien, seul un mur a dû être abattu parce qu'il ne tenait plus, et un autre près de la Biesme a été détruit ce jour-là par la force des flots."

À ce jour, 15 familles sont toujours hébergées par le CPAS dans des logements sociaux, et trois personnes sont hébergées dans leur famille, sans avoir pu rentrer chez eux. "Soit les expertises ou les travaux ont pris du temps, soit le prix des matériaux qui a grimpé en flèche et la pénurie ont fait qu'il était impossible pour certaines personnes de finaliser leurs rénovations. Heureusement, on n'a pas eu de blessés ou de décès, le seul de la région était à Châtelet. Par contre, psychologiquement il y a eu des cris et des larmes."

La Région wallonne a mis 750 000 euros pour le relogement, la commune 100 000 euros (via le CPAS) pour chauffer et "sécher" les bâtiments touchés. Une dotation de 85 000 € a permis à la commune de lancer diverses études pour placer des bassins d'orage (quatre sont envisagés), pour curer la Biesme via le service des voies d'eau non navigables, ainsi qu'inspecter et rénover l'égouttage. La SWDE va aussi réaffecter un ancien étang pour servir de rétention d'eau, au cas où. "Nous aurons en septembre deux étudiants ingénieurs civils qui feront leur mémoire sur les inondations d'Aiseau, on espère en tirer des idées qui sortent des sentiers battus. En attendant, nous avons équipé notre service travaux d'étançons et de pompes. Le risque zéro n'existe pas, comme on dit, mais il faut que ça ne se reproduise plus ou en tout cas pas dans les mêmes proportions. Tout le monde travaille dur, mais un an ça reste peu à l'échelle communale, avec la longueur des procédures."

Inondations à Aiseau, un an après: "je m'en souviendrai toujours, je fais 1m87 et l'eau était plus haute moi"
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