Fermeture de Robert la Frite: "Jamais on aurait pensé ça !" dit Djil, un des employés les plus connus
La fermeture de la plus célèbre des baraques à frites de la région fait grand bruit. Employés et clients sont sous le choc… mais l'espoir d'une réouverture demeure.

- Publié le 27-02-2024 à 14h53
- Mis à jour le 27-02-2024 à 15h42

Ce lundi 26 février c'est une chape de plomb qui est tombé sur Charleroi, l'une des célèbres enseignes a baissé ses volets. "Robert la Frite" a fermé mais personne n'y croit. Toutes générations confondues, l'affaire surprend autant qu'elle attriste. Tous ont fait part de leur surprise. Les banquiers, les ouvriers, les étudiants ou encore même les sans abris tous y ont acheté, de jour comme nuit dans ce bastion de la restauration rapide à pas d'heure, "un bon satchot d'frites".
Abdel, la bonne cinquantaine, se souvient: "Je suis moins venu quand la friterie était là où elle est. Je me souviens du boulevard Tirou et de la place de la Digue. C'était un endroit incontournable du temps où il y avait plus de vie nocturne à la ville basse." Élodie, une étudiante de vingt ans, reconnaît être souvent passée après avoir été boire un verre en ville entre amis: "Il arrivait qu'après bu quelques verres on ait un petit creux. Il n'y avait pas besoin de discuter longtemps pour venir faire la file et manger avec les doigts. Malgré cela c'est vrai que toute seule ou avec juste une copine c'était parfois chaud de venir ici. On est à quelques mètres de la place de la Digue mais c'est une tout autre ambiance. Entre les blagues à deux balles, les demandes de pièces ou de la drague très lourde il fallait s'accrocher."
Jacques et Solange, 78 et 74 ans se souviennent aussi du monument carolo. "Cela fait des années qu'on connaît le nom de cette friterie. On ne sort plus souvent, mais on a tout de même été surpris par fermeture. Rien ne laissait y penser. La dernière fois que nous sommes venus, c'était il y a des années mais on a un bon souvenir : ce n'était pas cher et ça faisait plaisir de manger un paquet de frite en ville. Cela n'a rien à voir avec les snacks qu'on voit en ville aujourd'hui."
L'un des employés le plus connu "Djil" n'en revient pas non plus et avoue avoir fait des démarches pour reprendre l'enseigne mais en est resté là. "J'ai travaillé ici pendant 20 ans. On en a vu de toute sorte. Nous servions tout le monde sans distinction. Ce serait mentir de dire que l'endroit est super sécurisant, c'est sûr. Il nous est arrivé plus d'une fois de devoir intervenir pour calmer les esprits. Hélas les différentes crises sont passées par là et ont été fatales. S'il est possible de sauver la friterie, il faut le faire. La baraque ne bougera pas d'ici et j'espère qu'elle rouvrira un jour."