"La Bali-boulettes est de retour !" Les volets de Robert la Frite seront à nouveau ouverts dès ce vendredi 11h
Les noctambules affamés pourront retrouver leurs habitudes et le bon accueil de Djil qui après 21 ans comme ouvrier reprend la friterie mythique de Charleroi. La coupeuse de patate a été testée, les cuves astiquées, "Y a plus qu'à…"

- Publié le 09-07-2024 à 14h32
- Mis à jour le 09-07-2024 à 15h31

Le 26 février dernier une enclume tombait sur la place de l'Ouest à Charleroi, Robert la Frite baissait de rideau. Non seulement les employés n'en revenaient pas mais les Carolos voyaient en cette fermeture la fin d'une époque. Face à la hausse des prix de l'énergie, la diminution des activités en centre-ville et le sentiment d'insécurité, la direction de l'époque avait décidé de mettre la clé sous la porte. Un curateur avait donc pris le relais afin de trouver un repreneur et ainsi permettre la réouverture du monument Carolo.
Bien que plusieurs repreneurs s'étaient fait connaître c'est "Djil" qui a su convaincre le mieux. Il faut dire que la maison il la connaît bien. "J'ai travaillé ici pendant 21 ans. Quand ça a fermé ça nous a fait un choc comme je n'avais jamais eu. Clairement, l'idée de reprendre m'a effleuré l'esprit mais il fallait que je me renseigne. Ce n'est pas la même chose d'être employé et être patron. Ma famille, des clients et même des gens que je ne connais pas directement m'ont encouragé. Je me suis fait connaître en mon dossier a été accepté", se réjouit le nouveau responsable.
Pour lui, cette possible reprise est une question de chance mais aussi une question de confiance. "À partir du moment où je savais que je serais le repreneur, le curateur m'a accordé toute sa confiance en me donnant les clés afin que je mette tout aux normes. Juillet et août sont les plus gros mois de travail. En plus il y a des activités sur la place de la Digue juste à côté."
Loin de tirer la couverture à lui Djil reste humble et conscient de ses nouvelles responsabilités. "C'est bizarre de s'entendre dire qu'on est le patron. J'ai conscience d'être le responsable mais je ne me donne pas des airs de patron. Et puis même, cette friterie est celle des Carolos. Ce sont eux qui font tourner la boutique, ce sont eux qui repassent par ici pour manger un morceau parfois tard dans la nuit. Je suis, en quelque sorte à leur service."
Si les volets sont restés fermés de (trop) longs mois "Djil" annonce déjà que rien n'a changé. "Les carbonnades, les boulettes sauce tomate ou encore le Bali-boulettes seront bien de retour. Nous avons gardé les mêmes fournisseurs et avons ajouté quelques produits. Pour l'essentiel tout est pareil. On reste avec des frites coupées sur place. Malgré la hausse des produits et de l'énergie nous sommes sur le pont pour commencer dès vendredi 11 h." Pour les horaires, ils demeurent les mêmes. En semaine de 11 h à 1h et le vendredi et le samedi fermeture à 4 h du matin. Cette semaine la friterie fermera à 1 h le temps de retrouver ses marques d'huiler la machine.
Malgré sa joie de reprendre l'établissement, Djil ne se voile pas la face et compte sur une collaboration de taille avec la Ville de Charleroi et la police pour faire de la zone un lieu sûr où chacun pourra manger tranquillement sans risquer d'être importuné.