"C'est comme une victoire", "Je ne suis pas à la rue": réactions contrastées des favoris après la Flèche wallonne
Quatrième, le champion du monde espère avoir de meilleures jambes dimanche.
- Publié le 20-04-2022 à 20h13

Alaphilippe : "Je ne suis pas à la rue"
Julian Alaphilippe a réalisé sa moins bonne Flèche wallonne. Pour la première fois en six participations, il n'a pas terminé sur le podium. "Mais je n'ai pas été à la rue", commente le champion du monde, quatrième au sommet du Mur, après avoir repris son souffle.
Après deux places de deuxième et trois victoires, le Français est apparu moins dominateur sur le chemin des Chapelles. Il n'était pas idéalement placé dans le virage Claudy Criquielion dans la montée finale et a ensuite mis du temps à remonter.
Quand Dylan Teuns a accéléré pour s'envoler vers la victoire, le leader des Quick-Step Alpha Vinyl n'a pas su réagir. "Je n'étais pas trop mal placé, j'ai vu le dernier Movistar s'écarter et Dylan Teuns partir, détaille-t-il. Mais même si j'avais été dans la bonne roue, je ne pense pas que j'aurais pu gagner."
Il n'y avait pas trop de déception dans son regard. Plus de la lucidité. Et du soulagement. "J'avais pas mal de pression sur les épaules par rapport à cette course, elle monte d'année en année et était encore plus forte cette saison. Surtout avec tout ce qu'on entend sur nous, avec ce qu'on dit sur notre équipe, sur notre début de saison. J'aurais voulu gagner pour le Wolfpack, mais je n'ai pas de regret : les jambes ont parlé. La forme est là, même si j'ai déjà été plus fort ici. J'espère maintenant bien récupérer et que ça ira mieux dimanche, à Liège."
Pour la dernière chance de la formation de Patrick Lefevere de gagner une classique cette saison. Sur une épreuve sur laquelle le champion du monde n'a pas encore trouvé la clé pour s'imposer. "Cela fait un moment que je pense aux classiques ardennaises et je suis content d'avoir été présent, termine Alaphilippe. Je suis là. Comme l'équipe, qui a fait un gros boulot pour moi : c'était beau à voir."
Mais ce que Lefevere veut voir, c'est la victoire !
Alejandro Valverde: "C'est comme une victoire"
À bientôt 42 ans (il les aura lundi), Alejandro Valverde n'a été devancé que par le seul Dylan Teuns. "Deuxième à mon âge, c'est très bien, réagit le quintuple vainqueur de l'épreuve, un record (en 2006, 2014, 2015, 2016 et 2017). Je suis content et cette seconde place, c'est comme une victoire pour moi. Dylan était au-dessus du lot, il n'y a rien à redire. Je suis d'autant plus satisfait que je n'étais pas certain de ma forme. Après un Tour de Catalogne compliqué, j'ai souffert du Covid. À l'entraînement, je me sentais bien mais la compétition, c'est autre chose. Que mon histoire avec la Flèche s'achève sur une deuxième place me remplit de fierté et me donne beaucoup de confiance pour dimanche."
Ce jour-là, le quadruple lauréat de la Doyenne (en 2006, 2008, 2015 et 2017) arrivera une dernière fois à Liège.
Aleksandr Vlasov: "Je me concentre sur mon job"
Pour sa première participation, Aleksandr Vlasov s'est hissé sur le podium. Il était ravi de son résultat. "J'ai essayé d'avoir la meilleure position possible à l'entrée du Mur, dit le coureur de Bora-Hansgrohe. J'ai essayé de suivre Dylan, mais il était le plus fort." Celui qui gagna le Tour de Valence, devant Remco Evenepoel, en début de saison, ne compte pas devenir un coureur de classiques pour autant. "Je préfère les épreuves à étapes et je continue à travailler dans ce but-là mais je sais que je peux me débrouiller sur certaines courses d'un jour." C'est vrai qu'il a déjà frôlé la victoire au Tour de Lombardie (3e en 2020).
Le Russe refuse de parler de politique. "Si je m'estime privilégier de pouvoir continuer à faire du sport ? Disons que je suis heureux de rouler et que je me concentre sur mon job." Il faut dire que ça lui réussit plutôt bien.
Tadej Pogacar: "Je me suis retrouvé enfermé"
Arrivé avec le costume de candidat à la victoire au sommet du Mur, Tadej Pogacar n'a jamais pu prétendre s'imposer. Finalement douzième, il reste, pourtant, persuadé que cette course est faite pour lui. "Je reste convaincu que je peux gagner ici, dit-il. C'est juste que, cette fois, ce fut très difficile pour moi de poursuivre mon effort jusqu'à la ligne d'arrivée. Au début de l'ascension, je me suis retrouvé enfermé. J'ai perdu quelques places. J'ai pu revenir dans le premier groupe mais ça m'a coûté beaucoup d'énergie."
Le Slovène ne se dit pas du tout inquiet en vue de Liège-Bastogne-Liège, dont il est le vainqueur sortant. "Il y a deux ans, j'ai terminé neuvième de la Flèche wallonne et ça ne m'avait pas empêché d'être au contact des premiers à Liège. J'espère qu'il en ira de même dimanche."