Thomas De Gendt est éternel: dix ans après, le Belge gagne à nouveau sur le Giro
Dix ans après son succès sur les pentes du Stelvio, le coureur Lotto-Soudal s'est offert à Naples une 2e victoire d'étape sur le Giroau bout d'une belle maîtrise collective.

- Publié le 14-05-2022 à 21h49
- Mis à jour le 16-06-2022 à 10h01

Si le Vésuve venait prochainement à se réveiller, les larmes que les membres de l'équipe Lotto-Soudal ont abandonnées sur le sol napolitain samedi après-midi devraient pouvoir suffire à en stopper les premiers émois.
Dans une étape tracée en boucle autour de la capitale de la Campanie et lors de laquelle Mathieu van der Poel avait décidé de mettre le feu, c'est Thomas De Gendt qui a conclu la remarquable prestation collective d'une formation Lotto-Soudal offensive et inspirée. À 35 ans, le Flandrien s'est offert un succès de prestige en mêlant audace, intelligence et expérience pour venir à bout du double vainqueur du Tour des Flandres, grand animateur d'une journée qu'il dynamita une première fois à… 150 kilomètres de l'arrivée. Rejoint par une petite dizaine de coureurs, le Néerlandais se lança ensuite dans un solo quatre kilomètres plus loin qui permit à la bonne échappée du jour de se dégager en tête de course dans son sillage.
Parmi la vingtaine de fuyards, l'équipe Lotto-Soudal avait réussi à placer trois hommes : De Gendt, Vanhoucke et un Sylvain Moniquet décidément très en jambes dans cette première semaine du Giro. Un surnombre que la formation belge exploita à merveille pour contrer une nouvelle offensive de MVDP à un peu plus de 40 kilomètres de l'arrivée cette fois.
"Tout le monde était à bloc après l'attaque de Mathieu, commentait De Gendt. Mais on a trouvé l'énergie pour le contrer avec Harm (Vanhoucke). C'était la bonne tactique. J'ai d'abord travaillé pour mon équipier car je le pensais capable d'attaquer dans la finale mais il m'a rapidement dit qu'il n'avait pas de bonnes jambes et qu'on allait inverser les rôles. Mes sensations étaient excellentes et dans les derniers kilomètres, j'ai glissé à mon partenaire que j'étais certain de me montrer le plus véloce de notre groupe de quatre (NdlR : qui comportait aussi L'Italien de chez Bardiani Gabburo et l'Espagnol de chez Movistar Arcas). Je suis lui dit de rouler à bloc et que je me chargerais du reste (rires)..."
Comme souvent, De Gendt ne s'est pas trompé. En lançant son sprint sur un énorme braquet, le coureur de Semmerzake se détacha rapidement dans les 200 derniers mètres à tel point qu'il eu le temps de se relever en franchissant la ligne.
"Après tous les doutes et les moments difficiles que j'ai vécu ces deux dernières années, cette victoire est l'un des plus beaux moments de ma carrière sur le plan émotionnel, commentait celui dont le dernier succès remontait à une étape du Tour de catalogne en mars 2021. Si vous m'aviez dit il y a encore deux semaines que je m'imposerais ce samedi, je ne vous aurais pas cru car je n'avais alors pas le sentiment d'être en condition. Mais cette première semaine de Giro m'a fait grandir. C'est pour des moments comme ceux-là que notre équipe vit : l'offensive récompensée par la victoire. J'espère que cela inspirera mes partenaires pour le Tro Bro Leon dimanche. À la fin de l'année, nous verrons si cela est suffisant pour nous maintenir en WorldTour, mais je pense qu'un sponsor préfère cela à une collection de quatrièmes ou sixièmes places sur des courses 1.1 par exemple…"