"Ces pitreries ridicules menacent l'Angleterre": recadré par Tuchel, Bellingham va-t-il vivre la même situation que Nainggolan avec les Diables ?
Jude Bellingham est décrié en Angleterre malgré le parcours exceptionnel des hommes de Thomas Tuchel pour se qualifier à la Coupe du monde.

- Publié le 18-11-2025 à 12h02

Huit rencontres, autant de victoires, 22 buts marqués et aucun encaissé : la campagne de l'Angleterre de Thomas Tuchel a été aussi magnifique qu'historique.
72 ans plus tard, elle est la deuxième équipe à ne pas encaisser en qualification (l'Espagne pourrait suivre). La dernière à avoir réalisé cet exploit était la Yougoslavie lors des qualifications pour la Coupe du monde de 1954, selon Opta. Une autre époque.
Si tout semble aller pour le mieux au pays des boys bands, le coach allemand doit pourtant gérer un épineux dossier : celui de Jude Bellingham.
Un manque de respect pour Tuchel
La scène se déroule à la 84e du match contre l'Albanie. Jude Bellingham prend une jaune pour un tacle rageux sur Armando Broja. Moment choisi par Tuchel pour sortir son numéro 10 et faire entrer Morgan Rodgers.
Visiblement agacé, le joueur du Real Madrid rouspète et montre sa frustration. Un comportement qui a fortement énervé l'ex-coach du PSG. "C'est la décision qui a été prise, et il doit l'accepter. Son coéquipier attend, donc il doit l'accepter, le respecter et continuer à aller de l'avant. Je ne changerai pas de décision simplement parce que quelqu'un agite les bras."
Avant de persister et signer en conférence de presse : "Je ne veux pas en faire toute une histoire, mais je maintiens mes propos. Le comportement est essentiel, comme le respect envers les coéquipiers qui entrent en jeu."
Bellingham doit-il aller à la Coupe du monde ?
Ce type d'altercation est monnaie courante dans le football. La preuve avec Kevin De Bruyne, par exemple. Mais en Angleterre, où le football est roi, cela fait les gros titres des journaux.
Au point que le Daily Mail pose une question ce mardi : faut-il se passer de Jude Bellingham chez les Three Lions ? Le Tabloïd répond par l'affirmative : "Peu importe à quel point il est bon", commence le journaliste. "Ces pitreries ridicules menacent la réussite de l'Angleterre et sa future gloire."
Personne ne remet en cause le niveau intrinsèque du numéro 10. D'ailleurs, cela ne l'a pas empêché d'obtenir le trophée d'homme du match.
Mais Tuchel est parvenu à façonner un collectif soudé, et d'autres noms tiennent la corde, comme Phil Foden (qui retrouve doucement son niveau) ou Morgan Rodgers.
"Nous avons le bon manager pour choisir les bons éléments, plutôt que le nom des joueurs", a assuré Stephen Warnock, ex-défenseur international sur la BBC. "Je pense que c'est la place de Morgan Rodgers. Tuchel doit penser au bien de l'équipe, même si Bellingham va s'en prendre une dans le menton avec cette nouvelle."
Un avis partagé par un autre défenseur anglais, Conor Coady, qui avait disputé l'Euro 2020 avec celui qui évoluait alors au BvB. "Actuellement, il y a beaucoup de pression sur ses épaules. Il a peut-être l'impression de devoir prouver et se rattraper. Par contre, c'est rafraîchissant d'entendre un coach qui veut garder le contrôle de la situation."
Un cas à la Radja Naingoolan ?
Ne pas prendre Jude Bellingham semble hautement improbable, sportivement parlant.
Parfois, cependant, certains coachs préfèrent privilégier la vie de groupe au talent intrinsèque. Impossible évidemment de ne pas évoquer la guerre interne connue en Belgique entre Radja Nainggolan et Roberto Martinez. Avec les conséquences que l'on sait.
Les deux hommes soufflent le chaud et le froid depuis l'arrivée de Tuchel en octobre 2024. En juin, Tuchel avait expliqué que sa mère trouvait le comportement de Bellingham "répugnant". Cela avait déjà créé des gros remous, malgré les explications du coach.
Alors qu'elle était fit le mois dernier, la star du Real n'avait pas été sélectionnée. L'Allemand avait justifié sa décision, notamment au nom "d'un esprit d'équipe" qui était "déterminant". De plus, le temps de jeu de Bellingham n'a jamais été aussi bas avec les Three Lions depuis son explosion en 2021. Il a passé, en moyenne, 42 minutes sur le terrain. C'était 79 en 2022 et 74 en 2024 (45 en 2023, mais à cause des blessures).
Bien évidemment, on est encore très loin d'un "cas Nainggolan" chez l'actuel 4e du classement FIFA. Mais il ne faudrait pas laisser pourrir une situation qui agace beaucoup de monde en Angleterre. D'autant plus lorsque l'on sait comment les médias traitent parfois les stars incomprises du pays. David Beckham pourrait en témoigner après son exclusion à la Coupe du monde 1998.
