Comment et pourquoi les 6 premiers mois d'Ardon Jashari à l'AC Milan ont tourné au cauchemar: "Le problème ? Son meilleur poste est celui de Modric"
Le Suisse, vainqueur du 72e Soulier d'or, a quitté le Club Bruges contre 36 millions € (hors bonus) pour rejoindre l'équipe dont il est fan depuis tout petit. Pour l'instant, il n'y a disputé qu'une poignée de matchs…
- Publié le 12-01-2026 à 09h30
- Mis à jour le 12-01-2026 à 09h42

Ce n'est que la troisième fois de l'histoire qu'un joueur remporte le Soulier d'or sur base d'un seul tour de votes. Le premier à avoir réalisé la performance ? Gilles De Bilde, le 11 janvier 1995, le fameux soir lors duquel Lorenzo Staelens avait quitté la salle, dégoûté. Et le dernier ? Matias Suarez qui, en 2011, n'avait pris aucun point lors du premier tour en raison d'une blessure. Si la grande majorité s'attendait à ce que Christos Tzolis ou Hans Vanaken remporte la mise, cette fois, tout le monde est resté bien vissé sur sa chaise. Après tout, il est difficile de nier qu'Ardon Jashari ne fut pas le joueur le plus doué à avoir orné nos pelouses.
Toujours est-il que cet indéniable talent peine pour l'instant à sortir du côté de la Madonnina. Il faut dire que depuis que le Suisse a obtenu son transfert de rêve, le destin lui a joué des tours. Voici pourquoi ses six premiers mois à l'AC Milan ont tourné au cauchemar.
Tout a commencé avec une collision à l'entraînement
Qu'il soit allé au clash avec les Blauw en Zwart est désormais pardonné. Mais cet épisode, lors duquel Jashari a séché quelques séances d'entraînement, n'a certainement pas été bénéfique pour sa condition physique. Si bien que, quand il a enfin rejoint les Rossoneri, le médian n'était pas au top de sa forme. Ce retard accusé lors de la préparation n'a pas empêché Massimiliano Allegri de progressivement l'intégrer dans l'équipe. Une dizaine de jours après son arrivée, l'Helvète a pu disputer un peu plus de 20 minutes en Coppa Italia, contre Bari, puis un quart d'heure lors de la défaite inaugurale en Serie A, face à Cremonese, une semaine plus tard.
Le tournant est arrivé un jour avant ce qui aurait pu constituer sa troisième apparition, quand, lors de l'entraînement, Jashari et Santiago Gimenez sont entrés en collision. Le verdict ? Une fracture du péroné qui a fini par l'éloigner des terrains pendant deux mois. "Cette blessure n'a pas été facile à accepter, a avoué l'ancien moteur du Club Bruges, à la Gazzetta. Les négociations portant sur mon transfert n'étaient pas idéales. Je sentais que je grandissais à l'entraînement et puis j'ai eu de la malchance. Les premiers jours étaient difficiles sur le plan mental. Ensuite, j'ai eu la chance de rejoindre ma famille à Zug (sa ville natale) pendant quelques semaines. Passer du temps avec mes parents m'a aidé."
Bloqué par un Ballon d'or qui ne veut pas arrêter
Son retour aux affaires a coïncidé avec un long, très long, passage sur le banc. Jugez plutôt : s'il était sur la feuille de match des dix dernières rencontres de Serie A, Jashari n'est monté qu'une seule fois au jeu, contre Hellas Vérone, et a commencé un seul match : à la Fiorentina ce dimanche (1-1). La faute à la concurrence dans l'entrejeu où Allegri peut compter sur Adrien Rabiot, Youssouf Fofana, Ruben Loftus-Cheek, Samuele Ricci et… Luka Modric. Ce qui rend la situation du Suisse encore plus délicate, c'est qu'Allegri semble le considérer comme la doublure du Ballon d'or 2018, aujourd'hui quarantenaire. Mais aussi que les Milanais ne disputent pas de compétition européenne cette saison et qu'ils ont déjà été éliminés en Coupe, contre la Lazio le 4 décembre, match lors duquel l'ancien Blauw en Zwart a effectué son retour.
"Ça allait toujours être difficile pour lui d'intégrer le onze de base, nous explique Andrea Ramazzotti, journaliste de la Gazzetta et suiveur assidu de l'AC Milan. Le club tourne bien et pointe le nez à la deuxième place en Serie A (derrière l'Inter). Jashari est vu comme un milieu qui évolue le mieux juste devant la défense, que ce soit dans un 4-3-3 ou un 3-5-2. Et ce rôle, c'est Modric qui l'occupe. Si vous regardez l'effectif, avec Ricci, il y a même trois joueurs qui apprécient ce poste. Modric évoluait en tant que mezzala, à droite, quand il était au Real Madrid parce que Casemiro jouait devant la défense – Toni Kroos était à gauche du trio. Ricci sait endosser les responsabilités de mezzala ou, en tout cas, il en a reçu l'opportunité. Pas Jashari qui n'est d'ailleurs pas à 100 %."
L'évolution de Jashari semble donc liée à l'avenir de Modric dont le contrat se termine en juin. Reste que l'AC Milan dispose d'une option pour le prolonger. "Je n'ai pas de doutes : Jashari sera le joueur clé de l'entrejeu de Milan dans le futur, parce qu'il a du talent, que le club a déboursé une grosse somme pour ses services et qu'Igli Tare (le directeur sportif) le voulait absolument, poursuit Ramazzotti. En ce qui concerne Modric, je pense que tout sera décidé après la Coupe du monde et que les performances de la Croatie au tournoi pourraient avoir une influence aussi d'ailleurs. Peut-être qu'il voudra terminer sa carrière au pays par exemple."