Sclessin, star du cinéma!
Imaginé et réalisé par deux Français, Standard Le Film plonge le spectateur dans l'enfer rouche. Reportage.
- Publié le 10-09-2014 à 15h16
- Mis à jour le 10-09-2014 à 15h17

Imaginé et réalisé par deux Français, Standard Le Film plonge le spectateur dans l'enfer rouche. Un long métrage sur les supporters rouches , leur passion, leur dévotion au club, la solidarité qui règne au sein de la famille des Rouches : voilà ce que proposent Benjamin Marquet et Brieux Férot au travers de Standard Le Film .
Les deux Parisiens, amis dans la vie, ont eu l'idée de faire de Sclessin le lieu de tournage d'un documentaire sur les fans les plus bouillants du pays.
"Au départ, Brieux, contributeur du mensuel français So Foot, est venu à Liège pour réaliser un reportage sur Roger Claessen. En rentrant à Paris, il est venu me voir en me disant qu'il se passait un truc à Sclessin, que cela valait la peine de s'y déplacer."
En 2010, Benjamin Marquet, réalisateur, se rend à Sclessin et là, la magie opère. "J'ai été convaincu de suite par l'ambiance, la ferveur populaire qui se dégage de cette enceinte. J'ai été subjugué par la rue Ernest Solvay (derrière la T3 ) . La voir se remplir à deux heures du coup d'envoi était quelque chose de grandiose. Encore aujourd'hui, je ne sais l'expliquer."
En décembre 2012, le tournage de ce qui allait devenir Standard Le Film , débute. "Il durera un an" , commente Benjamin Marquet, qui ne va pas hésiter à quitter Paris pour rallier la Cité Ardente . "Avec ma femme et ma fille de 6 mois, nous avons emménagé à Liège, dans le quartier des Guillemins. C'était important pour moi d'être en immersion totale !"
Qu'on ne s'y méprenne pas, Standard Le Film n'est pas un documentaire footballistique. "On ne voit pas une seule image de football. On voulait prouver qu'il y a quelque chose derrière les clichés que trimbalent les supporters. Cela ne se résume pas à 90 minutes à crier dans les gradins. Il y a une portée sociale derrière tout cela, une notion de passion, de partage."
Durant 73 minutes, Standard Le Film relate la passion qui anime différents fans rouches qui sont loin d'être des acteurs. "Le casting, si on peut parler ainsi, est formidable. Nous avons Francis, le collectionneur qui vit Standard depuis l'enfance, Nadine, prof de comptabilité à l'IHECS , qui devient une autre femme dans les gradins ou encore les Ultras Inferno qui représentent une véritable famille."
Authentique, touchant, Standard Le Film est criant de réalisme incroyable qui décrit parfaitement bien la ferveur qui règne depuis toujours à Sclessin.
"J'espère que Duchâtelet le verra"
Benjamin Marquet a perçu le malaise qui règne entre certains fans et le président.
En débutant son tournage en décembre 2012, Benjamin Marquet s'est retrouvé plongé dans l'ambiance assez glaciale qui régnait à l'époque à Sclessin. En effet, la fracture entre Roland Duchâtelet et les fans était déjà présente et le mécontentement des supporters se faisait souvent entendre en T3 , lieu de tournage du film.
"J'ai pu ressentir la peur qui règne chez les fidèles Liégeois quant à l'émergence du foot business qui est peut-être incarné, aux yeux de certai ns, par le président du Standard " , précise le réalisateur.
En discutant avec des membres des Ultras , Benjamin Marquet a vite ciblé les craintes de ces derniers. "Pour eux, peu importe le nom de celui qui est à la tête du club, même s'ils ont leurs préférences, tant que cet homme ne touche pas aux valeurs du club, à ses symboles. Je pense par exemple aux abords du stade, au fameux terril qui se trouve derrière la T3 ."
À l'heure actuelle, Roland Duchâtelet n'a pas encore vu le film. "J'espère qu'il le verra. Le responsable communication du club, avec qui je m'entends très bien, m'a confié qu'il aimerait que tous les membres du club voient le film."
Pour le réalisateur , Roland Duchâtelet y gagnerait à regarder le film documentaire. "Je ne sais pas quelles sont ses motivations profondes par rapport au club, mais je suis certain que voir ce film va lui permettre d'avoir une grille de lecture qu'il n'a peut-être pas encore quant aux attentes de ses supporters. Pour eux, le Standard est plus qu'une passion, c'est une raison de vivre. Ils n'y sont pas juste attachés d'un point de vue footballistique."
Standard le Film : infos pratiques
Si la bande annonce du film est déjà visible sur Internet (NdlR : elle sera d'ailleurs diffusée ce samedi à Sclessin avant le match contre Ostende), l'avant-première de la diffusion du documentaire est programmée pour le lundi 15 septembre (20h) au cinéma Le Parc à Liège (les Grignoux).
Une deuxième avant-première aura lieu à Bruxelles le 16 septembre (20h) au cinéma Aventure. Après l'avant-première de lundi prochain à Liège, les cinémas des Grignoux proposeront une quinzaine de projections (à voir sur le site internet du cinéma).
Le film sera également diffusé le 26 septembre (20h30) au cinéma Les Variétés de Waremme. Enfin, le long-métrage sera diffusé à Mons le 21 octobre prochain.
À partir du 21 octobre, une tournée itinérante sera organisée à destination des clubs de supporters du Standard. "Il est important pour nous que les supporters rouches puissent voir le film. Nous invitons donc les différents clubs de supporters qui souhaiteraient organiser une diffusion à consulter notre page Facebook (Standard Le Film) pour de plus amples informations" , ajoute Benjamin Marquet.
