Chaise roulante, vue sur le Stade de France et carte olympique : qui est Manu Koné, le milieu sous-coté de l'équipe de France ?
Voir le box-to-box s'installer à la Roma comme chez les Bleus a quelque chose de surprenant vu son parcours.

- Publié le 13-11-2025 à 13h09
- Mis à jour le 13-11-2025 à 13h12

Titulaire pour la première fois en équipe de France l'an passé lors du déplacement des Diables à Lyon, Manu Koné (11 sélections) s'est vite installé chez les Bleus. Découverte du joueur le plus utilisé par Didier Deschamps en 2025 à l'aube de la réception de l'Ukraine que les Français doivent battre pour se qualifier pour la Coupe du monde au cours d'une soirée marquée par les hommages des dix ans des attentats du 13 novembre.
Avec vue sur le stade de France
D'origine ivoirienne, Koné a vu le jour à Colombes en région parisienne. Grandissant dans un appartement dont la vue donnait sur le Stade de France. Très attaché à son premier club, Villeneuve-la-Garenne qu'il a fréquenté jusqu'à ses 11 ans et où il a organisé, ces trois dernières années, un tournoi à son nom, il a d'abord été recalé par Clairefontaine en 2013 alors qu'il évoluait en parallèle au PFC, club reconnu pour sa formation. Mais celui qui était à l'époque défenseur a finalement passé deux ans à l'INF en compagnie notamment de Kephren Thuram, rejoignant ensuite Toulouse en 2016. Une suite logique pour celui qui, plus jeune, admirait Serge Aurier, formé chez les Violets.
"Ils avancent et toi tu es en fauteuil roulant"
La carrière du milieu a failli s'arrêter avant de commencer. Après deux matchs au TFC, Koné est victime d'une grave fracture au tibia. "Franchement, à ce moment-là, j'ai eu un peu peur de ne plus jamais rejouer au foot, a-t-il expliqué à la chaîne YouTube Vista. Tu te poses beaucoup de questions, tu te dis est-ce que je vais revenir ? En plus, tu vois les autres monter, aller en équipe de France. Ils avancent et toi tu es fauteuil roulant tu te dis : c'est mort."
Cet épisode a forgé mentalement le joueur lancé chez les pros en décembre 2019, juste avant la pandémie et la mise sur pause du championnat conclu par la relégation des Toulousains en Ligue 2. Où le milieu a vite confirmé son potentiel, Mönchengladbach finalisant dès janvier 2021 sa signature contre 10 millions € avant de le laisser en prêt pour finir sa première vraie saison en pro, prenant ainsi de vitesse de nombreux grands clubs européens, dont le Milan AC.
Comparé à Jude Bellingham
Souvent embêté par des blessures, notamment l'été, ce qui faisait regretter à Gerardo Seoane, son dernier entraîneur au Borussia, "son absence de préparation physique durant trois ans", le Français (1,85 m) a laissé en Allemagne la trace d'un prospect un temps comparé à Jude Bellingham pour son impact physique et sa facilité technique. Mais ses 6 petits buts en 86 apparitions en Allemagne en trois saisons ont aussi rappelé sa marge de progression offensive. Ce qui ne l'a pas empêché dans l'emballage final du mercato d'été 2024 de devenir la quatrième plus grosse vente de l'histoire du club derrière Granit Xhaka, Thorgan Hazard et Jannik Vestergaard quand l'AS Roma a déboursé 20 millions € pour lui.
L'effet olympique pour le sous-coté
Avec Loïc Badé et Michael Olise, Koné a parfaitement su capitaliser sur des JO réussis, avec cette médaille d'argent qui lui a permis d'intégrer les Bleus dès le début de la saison dernière. Depuis sa première titularisation contre les Diables où il a très bien géré un avertissement après seulement quatre minutes, sa fiabilité lui a permis de s'imposer dans un secteur où Aurélien Tchouaméni, Eduardo Camavinga, Adrien Rabiot et N'Golo Kanté vont et viennent en fonction des blessures ou des suspensions. "II fait partie des joueurs qu'on peut considérer comme sous-cotés parce qu'on ne les voit pas et qu'ils ne font pas parler d'eux. Pourtant, sur le terrain, on le voit", a expliqué le sélectionneur en référence aux six ballons récupérés par le Romain en Ukraine et contre l'Islande.

L'Inter le voulait
L'Inter Milan a cru flairer le bon coup cet été en profitant du manque de liquidités des Romains pour attirer Koné. Sauf que Gian Piero Gasperini a vite fait comprendre à sa direction qu'il ne comptait pas se séparer du troisième joueur qu'il aligne le plus depuis son arrivée. Même pour 45 millions €.
S'il n'a pas pu retrouver en Lombardie Yann Sommer et Marcus Thuram, côtoyés à Gladbach, Koné est vite passé à autre chose. Se servant du derby pour soigner sa popularité quand, après la victoire de la Roma le 21 septembre dernier, il a posé son maillot sur le poteau de corner pour cacher le drapeau de la Lazio. "Dans les matchs importants, il faut laisser une trace, a-t-il justifié dans le Corriere della Serra. Certains l'ont mal pris, mais cela reste le derby."