Stoffel Vandoorne: "Hamilton me demande parfois mon avis…"
Stoffel Vandoorne, qui vise le titre mondial en proto LMP2 ce samedi à Bahreïn face au team belge WRT, estime que le septuple champion du monde de F1 va conserver son titre, et espère "que cela se jouera à la régulière"…
- Publié le 04-11-2021 à 07h54
- Mis à jour le 04-11-2021 à 13h17

Pilote Mercedes, Stoffel Vandoorne jongle entre différentes disciplines. Le Courtraisien dispute ce samedi les 8H de Barheïn, dernière manche du championnat du monde d'endurance. En jeu, le titre de champion 2021 dans la catégorie LMP2, la deuxième division des prototypes. Avec 5 points de retard sur l'Oreca WRT, une première victoire de la Jota n° 28 partagée avec Sean Gelael et Tom Blomqvist l'assurerait du titre mondial.
Stoffel, samedi dernier, vous avez terminé 2e des 6H de Barheïn à plus d'une minute de la voiture de tête, l'Oreca WRT. Quelles sont, à l'analyse, les raisons de ce si gros écart ?
"Je dirais que WRT a tout simplement fait du meilleur travail que nous en stratégie et surtout en gestion des pneumatiques dans la forte chaleur. C'est lors de la deuxième partie des doubles relais que nous avons beaucoup perdu. Nous avions une voiture très rapide sur un tour, mais beaucoup moins en fin de relais. Sean a aussi été victime lors de son premier relais d'un accrochage quand une Aston Martin GT qu'il doublait lui a fermé la porte et l'a envoyé en tête-à-queue. Cela nous a coûté une trentaine de secondes. Mais même sans cela, nous n'aurions pas gagné, il faut être honnête. Il faut aussi reconnaître que le Silver de WRT, Charles Milesi, est plus vite que notre Silver, Sean. Mais bon, samedi dernier, même si nous étions trois pros nous ne l'aurions pas emporté."
Qu'avez-vous changé pour la finale de 8H de samedi sur le même tracé ?
"On a eu le temps d'analyser les données et de comprendre pas mal de choses. On a fait un pas en avant. La balance de notre auto sera différente. Notre stratégie pneumatique va être meilleure et puis il y a cinq heures de nuit où il fera moins chaud, ce qui va nous aider. On va plus se concentrer sur les réglages pour la course lors des essais."
Vous êtes confiant pour le titre ?
"Oui, très confiant. On a cinq points de retard ce qui signifie que celui qui l'emporte sera sacré. Il nous manque toujours une victoire cette année en LMP2, ce qui me déçoit un peu. C'est passé très proche au Mans. C'est le moment d'aller la chercher pour tresser les lauriers. On va essayer de tout optimaliser."
Vous avez des contacts avec WRT pour 2022 ?
"On verra, c'est Sean qui gère. La seule chose qui est quasi sûre c'est qu'on repartira ensemble. Les constructeurs n'arrivent en masse qu'en 2023. La saison prochaine, on roulera encore en LMP2."
Pourquoi n'avez-vous disputé qu'une qualification cette année, à Francorchamps ?
"Pour une question de poids du pilote. Tom (NdlR : Blomqvist) est le plus léger. Et chaque détail compte. C'est pour cela que chez WRT, c'est généralement Milesi qui s'en charge. Il est 10 kg plus léger que Robin Frijns. Et 10 kg, cela fait quelques dixièmes…"
WEC, Formula E et rôle de réserviste F1 avec Mercedes, développement du proto à Hydrogène H24, vous n'avez pas dû passer beaucoup de journées dans votre appartement de Monaco cette année ?
"Effectivement, j'ai vécu avec ma valise. Il est arrivé que je passe un mois sans rentrer chez moi. C'est une vie de nomade."
Et en 2022, il pourrait encore y avoir quelques courses en Indy en plus…
"Rien n'est décidé à ce niveau. Je vais pour l'instant juste effectuer un test en décembre sur un circuit routier pour découvrir la discipline. Je ne sais pas encore si c'est réellement une option pour le futur. Je dois d'abord l'essayer."
Avez-vous parlé à Romain Grosjean qui débarque justement aussi de la F1 ?
"Oui,w on a échangé lors de ma visite à Laguna Seca. Il adore courir aux États-Unis. Il est très différent par rapport à l'époque où il roulait en F1. Il est super content de sa nouvelle vie. Il peut enfin à nouveau se battre devant. L'Indy est une catégorie au sein de laquelle le talent peut encore faire la différence."
C'est tout ce à quoi vous aspirez, non ?
"C'est vrai que quand on est jeune, on vise la F1 et quand on y est, on oublie souvent de prendre du plaisir. Il y a trop de politique et seulement deux ou trois teams où vous avez l'opportunité de vous battre pour la victoire. Dans les autres, vous êtes juste en F1, mais vous savez que vous n'avez quasi aucune chance de gagner quand vous arrivez le jeudi au circuit. C'est dur pour un pilote. En Amérique, c'est différent. Le paddock est ouvert, les fans sont proches des voitures, le focus est sur la course. Les monoplaces sont performantes et l'on peut se battre à armes égales avec les autres."
Voici deux ans, vous disiez que vous trouviez les ovales trop dangereux et que vous ne souhaitiez pas rouler aux 500 Miles d'Indianapolis. Vous avez changé d'avis ?
"Disons que c'est facile pour un Européen de dire que c'est trop dangereux. Mais je pense qu'il faut l'expérimenter pour savoir si on se sent à l'aise avec cela ou pas. C'est certain que c'est un risque additionnel. Lorsque vous avez un impact à 300 km/h dans le mur, votre dos encaisse un choc énorme. Maintenant, pour la projection de débris, les pilotes sont déjà mieux protégés avec l'aéro screen."
Comment allez-vous aider Mercedes et Lewis Hamilton à décrocher le titre sur la fin de saison F1 face à Max Verstappen ?
"La semaine prochaine, je serai au Brésil en tant que pilote de réserve. Puis, lors des quatre derniers GP, je serai dans le simulateur lors des week-ends de course pour tester différents réglages."
Lewis vient parfois vous parler ?
"Tout à fait. Il est fort engagé. C'est une grosse bataille avec Max et il ne lâche rien. Il me demande parfois mon avis sur tel ou tel set-up car je teste toutes les configurations dans le simulateur."
Vous le voyez encore sacré en fin d'année ?
"Cela devient de plus en plus serré. Il y a 12 points d'écart et il ne reste plus que cinq courses. Mais cela reste ouvert. Je pense qu'il peut y arriver. J'espère en tout cas que cela se jouera à la régulière, pas sur un accrochage ou un problème technique."
Songez-vous déjà un peu à votre reconversion ?
"Oui, j'investis dans pas mal de choses, mais pour l'instant pas en sport auto. Comme déjà évoqué, j'aimerais quelque chose dans le karting. Une sorte d'académie pour aider les jeunes avec le soutien du team VDK et du RACB. Mais pour l'instant, je n'ai vraiment pas de temps pour m'occuper de cela. Ce sera pour plus tard…"