Koen Sleeckx, le DT néerlandophone, prépare l'avenir : "Avec Toma, je vois cinq ou six judokas belges aux Jeux"
Koen Sleeckx, le DT néerlandophone, prépare l'avenir à court terme (Masters et Jeux) et à longue échéance en intégrant Dirk Van Tichelt dans son staff.

- Publié le 07-01-2021 à 20h57
- Mis à jour le 09-01-2021 à 13h09

Sur les six judokas belges qualifiés pour le Masters qui débute ce lundi, à Doha, seul Roxane Taeymans (35e mondiale en -70 kg) a décliné l'invitation. L'Anversoise relève d'une blessure récurrente au dos et n'a repris l'entraînement intensif qu'il y a une dizaine de jours.
"C'est vraiment trop court pour un rendez-vous comme le Masters où on doit s'aligner à 100 % !" lance Koen Sleeckx, le DT néerlandophone.
La décision de renoncer à ce prestigieux rendez-vous qatari a été d'autant plus délicate qu'elle compromet grandement les chances de la rivale nationale de Gaby Willems pour les Jeux de Tokyo que disputeront 18 judokas (un par pays) dans chaque catégorie.
"La seule participation rapporte 200 points au ranking olympique. L'écart, déjà important, entre Gaby et Roxane va donc encore se creuser. Mais il faut se montrer raisonnable et, surtout, ne pas hypothéquer la suite de sa carrière, voire son intégrité physique."
En l'absence de Taeymans, Matthias Casse sera le seul néerlandophone en lice au Qatar. N°1 mondial en -81 kg, l'Anversois sera, en revanche, bien accompagné avec Mark Van der Ham, son entraîneur, Karel Foubert, son sparring-partner, et le DT lui-même !
"Avec toutes les formalités à remplir en raison de la crise sanitaire, j'ai préféré accompagner afin que Matthias et Mark puissent se concentrer exclusivement sur la compétition. Ce virus nous coûte cher ! Pour quatre personnes, nous sommes à 340 euros rien que pour les tests, deux avant de partir et deux autres sur place. Nous avons également opté pour un vol direct, au départ d'Amsterdam, pour éviter trop de contacts lors d'une escale ou même dans deux avions différents. Mais, au-delà de l'aspect financier, ce Masters est important dans la perspective des Jeux. Pas sur le plan comptable car, sauf accident, Matthias est assuré de sa qualification, mais au niveau des sensations, du rythme de compétition."
Médaillé de bronze à l'Euro, au terme d'un combat absolument titanesque face à Sami Chouchi, fin novembre, à Prague, Matthias Casse a pris quelques jours de repos dans la foulée, avant de reprendre le collier.
"Il a souffert d'une déchirure à l'arrière de la cuisse, plus grave que ce qu'on avait pensé dans un premier temps, qui l'a contraint à déclarer forfait pour Budapest. Mais, à Prague, il était prêt ! Avec Mark, son entraîneur, nous avons quand même décidé de lui accorder une petite pause. Il faut dire qu'il a beaucoup donné en Tchéquie, où il ne s'est incliné que face au Géorgien Grigalashvili, futur champion d'Europe, avant de décrocher le bronze aux dépens de Sami, revenu à son meilleur niveau. C'était le bon moment pour s'accorder un peu de repos…"
Il fut de courte durée puisque Casse a retrouvé ses partenaires d'entraînement après quelques jours.
"Je pense que nous disposons d'un bon groupe, ce qui n'empêche pas que des gars comme Matthias et Toma manquent de cette adversité qu'ils trouvent en stage international. C'est pourquoi, du 26 au 30 décembre, ils sont partis en Autriche pour s'entraîner avec des judokas étrangers. Bien sûr, ils se sont pliés au protocole sanitaire avec tests, bulles et soixante judokas au même moment sur le tatami. Mais ce fut une excellente préparation. Ils en sont, tous, rentrés ravis. Dommage que Toma ne soit pas qualifié pour ce Masters qui va accroître le fossé au ranking olympique."
Pour le Bruxellois, la course à la qualification sera très intense.
"Oui ! Mais loin d'être impossible depuis que la Fédération internationale a ajouté quelques rendez-vous au calendrier. Si tout va bien, après ce Masters, Toma devrait encore avoir six ou sept occasions de prendre des points pour Tokyo… Je le vois donc se qualifier, ce qui porterait à cinq ou six le nombre de judokas belges aux Jeux !"
Un chiffre qui en écarte mathématiquement certains, comme les jeunes néerlandophones, par exemple.
"Exact ! Pour Ellen Salens, Amber Ryheul, Mina Libeer ou même Jeroen Casse, dont j'ai apprécié la prestation à Prague face au Moldave Sterpu, futur médaillé d'or, nous commencerons, cette année déjà, la préparation pour Paris 2024. Tous ont un indéniable potentiel, mais il est à développer."
En parlant d'avenir, Koen Sleeckx a restructuré son staff cet hiver en intégrant un certain Dirk Van Tichelt.
"Je suis heureux et fier que Dirk ait accepté de rejoindre notre staff car il a l'expérience. Je suis sûr qu'il n'aura aucun mal à se fondre dans notre organisation. À charge pour Mark Van der Ham, devenu notre head coach, de définir la ligne sportive avec Damiano Martinuzzi pour les + de 21 ans et Dirk Van Tichelt pour les - de 21 ans. Une belle équipe, prête à relever tous les défis !"
Le tout sans distinction de sexe pour unifier au mieux la manière de travailler et découvrir d'autres Matthias Casse, chef de file actuel du judo néerlandophone et… belge, à seulement 23 ans. Mais il inspire le respect par ses qualités physiques et techniques ainsi que sa force mentale.