Pedro Pascal, le "hot daddy" des 4 Fantastiques : "Sans sa famille, M. Fantastique perd son cerveau, il ne sait plus quoi faire"
Avec ce nouvel opus, Marvel tente de casser les clichés hollywoodiens sur les rôles supposés des hommes et des femmes.

- Publié le 22-07-2025 à 15h37

"Trop is te veel". L'expression, populaire chez nous, perd étonnamment tout son sens en traversant l'Atlantique. Dès qu'une recette rencontre le succès, il n'y en a jamais assez au pays de Donald Trump. Et tout particulièrement à Hollywood. Suites, prequels, reboots, remakes, les substituts ne manquent pas lorsqu'il s'agit de repasser les mêmes plats. La preuve par quatre avec Les 4 Fantastiques. Après une première apparition remarquée en 2005 et deux come-back nettement moins glorieux en 2007 et 2015, les voilà de retour dans une réinvention "rétro futuriste" destinée à illustrer leurs Premiers pas.
"C'était le bon moment pour deux raisons : nous en avons récupéré les droits et nous sommes parvenus à réunir ce casting incroyable (Vanessa Kirby, Pedro Pascal, Joseph Quinn et Eben Moss-Bachrach, ndlr), explique le président du studio Marvel, Kevin Feige, en conférence de presse. À la réalisation, Matt Shakman a bossé des années pour donner vie à la première famille Marvel pour qu'elle s'inscrive dans l'univers que nous avons créé, même si le film se suffit à lui-même."
"Ce sont des personnages extrêmement populaires, en quelque sorte les figures de proue de leur époque, mais ils ne faisaient pas partie jusqu'à présent de la chronologie traditionnelle de Marvel, précise le cinéaste. Nous avons donc dû les placer dans un univers différent et sur une Terre différente. Nous y avons mis la même énergie que pour créer les réalités spécifiques de la sitcom dans WandaVision, afin de bâtir ce monde rétro futuriste incroyablement authentique des années 1960, une combinaison de l'œuvre originale de Jack Kirby et de 2001 : l'odyssée de l'espace de Stanley Kubrick."
Tout pour la famille
Pour se distinguer de la multitude de super-héros qui envahissent les écrans pour sauver la planète, les 4 Fantastiques misent avant tout sur l'esprit de famille. En n'hésitant pas à l'agrandir. "Susan Storm n'est pas seulement une meneuse, elle devient mère et reste une héroïne, précise son interprète, Vanessa Kirby. Cela me paraît révolutionnaire de montrer cette femme enceinte au centre de la famille, mais aussi de l'équipe : elle n'est jamais laissée à la maison. C'est très excitant de jouer une héroïne enceinte, une mère au travail et au cœur de l'action."
Casser les clichés hollywoodiens traditionnels
Elle n'est pas la seule à casser les clichés hollywoodiens sur les supposés rôles traditionnels des hommes et des femmes. Reed Richards, alias M. Fantastique, n'est plus le leader de la bande et se montre nettement plus dépendant des autres qu'auparavant. "C'est ça que j'ai adoré, confirme Pedro Pascal, nouvelle superstar d'Hollywood et incarnation du super-héros élastique à la moustache tout aussi sixties que sa chemise jaune agrémentée d'une cravate rayée extirpée d'une vieille brocante. Il est brillant, capable de résoudre les équations les plus complexes ou de trouver des solutions à n'importe quel problème, il comprend comment fonctionne le monde, et même au-delà, mais il est perdu quand l'équation mêle relations, famille, amour, et la manière d'évoluer dans cet environnement. En tant que partenaire, ami, et bien sûr en tant que père, la seule façon dont il sait gérer cela, c'est en commençant à sécuriser le monde pour les bébés plutôt qu'en étant simplement présent pour vivre l'expérience. Je ne suis pas père. Je peux donc seulement l'imaginer. Mais la fille de Matt m'a beaucoup aidé à entrer dans le rôle. Elle m'a vendu une sorte de limonade et ça y était…"
Le temps de remettre en place sa casquette de base-ball noire, le quinquagénaire devenu le "hot daddy" d'Hollywood enchaîne, d'une voix un peu hésitante. "Il est extrêmement intelligent, mais dans les relations humaines, il devient en quelque sorte innocent. Créer ce comportement idiosyncrasique, c'était le cœur de mon travail. Il est très dépendant de sa famille. Sans elle, il perd son cerveau, il ne sait plus quoi faire. Son rôle, c'est de la protéger et d'être protégé par elle. J'adore."
Une Surfeuse d'argent
Mais le plus grand changement vient d'ailleurs. De la féminisation du Surfeur d'argent. "Shalla-Bal est issue d'un autre univers, Earth X, et c'est ce qui nous a interpellés : mélanger les mondes pour aborder différemment les problèmes familiaux, mais aussi la notion de sacrifice et les choix impossibles qui l'accompagnent, détaille le réalisateur. Elle vient sur Terre prévenir les gens qu'ils vont mourir et elle leur conseille de passer du temps avec leurs proches. Cela en dit long sur sa personnalité, sur ce qu'elle est en dessous de la surface brillante. C'est très intéressant."
"Je suis curieux de connaître la réaction du public lors de la scène finale, conclut Pedro Pascal. Je me souviens que nous nous sommes tous regroupés autour de Matt et il nous expliquait le mouvement musical de l'ensemble, car bien sûr, les scènes doivent être tournées par morceaux. Et nous avons tous pleuré."
Il reste à espérer pour eux qu'ils ne recommenceront pas en découvrant les chiffres du box-office.