Charline Van Snick démarre l'année avec le Masters 2021: "Parfois, on le sent moins et on s'arrache"
Charline Van Snick a travaillé les détails qui ne lui ont pas plu lors de l'Euro.

- Publié le 08-01-2021 à 23h56
- Mis à jour le 09-01-2021 à 13h00

Avec cette fichue crise sanitaire qui ne cesse de rebondir de pays en pays, il n'est pas évident de voyager pour le moment. Charline Van Snick en a vécu l'expérience, jeudi en début de soirée alors qu'elle devait prendre l'avion à l'aéroport Charles De Gaulle, direction Doha, avec une escale à Istanbul.
"J'ai mis une heure et demie à remplir toutes les formalités. Passeport, documents prouvant que j'avais passé mes tests, invitation au Masters de judo, etc. Je ne sais pas pourquoi ils ont calé sur ma lettre d'accréditation. Mais bon, tout a heureusement fini par rentrer dans l'ordre."
Et la Liégeoise a pu rejoindre, en Turquie, la délégation francophone, partie de Bruxelles, avec à sa tête Cédric Taymans alors que Matthias Casse et ses gardes du corps ont préféré un vol direct, ce vendredi, au départ d'Amsterdam. Avec ce Masters qatari, nos judokas commencent cette année 2021 par un solide hors-d'œuvre alors que le plat de résistance est toujours prévu, du 24 au 31 juillet, aux Jeux de Tokyo.
Charline, ce lundi matin, à Doha, vous entrez directement dans le vif du sujet, non ?
"Exact ! Avec ce virus, il n'y a décidément plus de saison… L'année dernière s'est résumée à un début, avec Tel Aviv et Paris, et une fin, avec Budapest et Prague. On combat quand on peut ! Et on se prépare comme on peut… L'absence de compétitions est, bien entendu, délicate à gérer sur le plan mental, mais le plus compliqué, c'est l'incertitude. Pourquoi et pour quand s'entraîne-t-on ? Sans objectif précis, il est impossible de se préparer efficacement. C'est du bricolage ! Maintenant, avec son protocole sanitaire strict, il semble que la Fédération internationale a pu établir un calendrier 2021. On verra…"
Avant d'envisager l'avenir, revenons sur votre saison 2020. Trois tournois, deux médailles, ce n'est pas mal…
"Compte tenu des circonstances, je ne suis pas mécontente. Il m'arrive, bien sûr, de passer à travers une compétition mais, dans l'ensemble de ma carrière, je suis assez régulière. Et j'en suis fière. J'ai passé 80 % de mon temps dans le top 10 mondial. Pour revenir à 2020, oui, j'ai décroché deux médailles en trois tournois, à Tel Aviv et à Prague, lors de l'Euro. C'était ma sixième sur la scène européenne, ma première en -52 kg. Et je suis allée la chercher avec les tripes ! Je n'étais pas à 100 % physiquement, mais le mental a compensé."
Voulez-vous dire que vous vous êtes alignée blessée ?
"J'avais un souci aux côtes. Une douleur irradiant dans mon bras droit avec une perte de force. Ce problème est en cours de résolution. Mais c'est le judo. Parfois, on se sent en pleine forme, on croit qu'on va tout casser et on se plante. Par enthousiasme ou distraction. Parfois, on le sent moins, mais la tête est hyper concentrée et on s'arrache ! Ceci dit, certains points, comme ma manière d'aborder les combats, ne m'ont pas plu à Prague. Je les ai travaillés. Avec une attention particulière sur les gauchères."
Comment vous êtes-vous préparée pour ce Masters ?
"Écoutez, le mieux possible… Nous avons enfin pu partir en stage, avant Noël, à Paris, entre Noël et le Nouvel An, à Coimbra. Comment dire ? Ça nous avait énormément manqué... J'ai retrouvé d'excellentes sensations sur le tatami, face à des adversaires de qualité. Le seul bémol est que je me suis luxé la mâchoire au Portugal. Sinon, tout était bien organisé, ce qui m'a sortie de mes tracas quotidiens avec les changements incessants en matière de règlements sanitaires, l'ouverture ou non des salles, sans parler du couvre-feu. À Paris, il n'est pas facile de s'y retrouver."
Avez-vous quand même passé de bonnes fêtes ?
"Je ne suis pas rentrée pour Noël, que j'ai passé en petit comité. Comme la plupart, je pense… Idem au Nouvel An. J'avoue que c'était un peu frustrant après une année compliquée. J'étais aussi fatiguée car les entraînements ont été intensifs. Mais je ne me plains pas ! Je sais pourquoi j'accepte ces sacrifices. Et puis, c'était aussi mieux pour le régime."
Avec le Masters si tôt dans l'année, pas question de commettre le moindre écart ?
"Un petit écart, oui. Mais pas plus ! Le régime est ce que j'aime le moins dans mon sport. Je le gère donc du mieux que je peux. À la base, avec une hygiène de vie optimale. Mais ce n'est pas assez. Les derniers jours avant une compétition sont très délicats à ce niveau. Et puis, je ne suis pas une machine. Je mets toutes les chances de mon côté pour prester le mieux possible, mais ça ne marche pas à tous les coups."
Voyager de nuit ne vous pose pas de problème ?
"Vous savez, on s'adapte. Les vols vers Doha ou Abou Dabi sont souvent la nuit. Et puis, je préfère ça que de partir à cinq heures du matin, comme les Français. Je disposerai de deux jours de récupération, ce week-end, avant d'entrer en lice. C'est assez pour moi."
Après ce Masters, disputerez-vous beaucoup de compétitions d'ici aux Jeux de Tokyo ?
"Je n'ai pas encore évoqué mon programme avec le staff fédéral. Ce qui est sûr, c'est que j'aime combattre, me jauger en compétition. Mon ranking olympique actuel (9e) me permet de choisir. Je participerai donc à quelques tournois. Tout ce que je regrette est que ce soit aujourd'hui sans spectateur parce que le public est vraiment ce qui me galvanise quand je suis sur le tatami."